Cette page présente le circuit Thaï-Moto en Thaïlande de l'année 2004.

        Départ de Paris début Janvier par un froid de canard, le 747 propulse ses 520 passagers dans le ciel de Roissy chargé de nuages, direction la Thaïlande, pour un vol non stop de 11 heures.

    La nuit sera courte , car nous rattrapons les 6 heures de décalage horaire pendant ce temps. Arrivée à l’aéroport Don Muang situé à 30 km au nord de Bangkok, la cité des anges, appelée par les Thaïs Krung Thep, la température est de 32°C, cela nous tombe dessus! C’est la saison sèche en ce moment ici, qui va de Novembre à Février.     

    Après le contrôle des passeports (impressionnant, une vingtaine de comptoirs prévus pour ne pas faire attendre les quelques six millions de touristes annuels) nous récupérons nos bagages, et passons dans le hall d’arrivée où nous sommes assaillis par une meute de rabatteurs des hôtels et voitures de location.

    Notre guide, Nodt, une ravissante Thaï, nous attend et nous conduit à la gare routière desservant le Nord du pays. Elle nous accompagnera pendant les 2 semaines du circuit, et ses explications ne seront pas superflues pour les farangs (étrangers) que nous sommes.

 

    La route de Chiang-Mai

    Elle sera pour nous le prétexte à l’apprentissage de la civilisation Thaï, très ancienne, dont nous apercevons les vestiges, sur le parcours, et à la découverte du code de la route local, quelque peu différent du nôtre, ici l’on roule à gauche, et la priorité revient au véhicule le plus gros, je vous laisse deviner où se situe la moto... Arrivée à Chiang-Mai, première nuit de repos bien mérité, après 10500 kms parcourus depuis hier. Au matin, découverte rapide de la “Rose du Nord”, puis essais de nos montures, ce sont des Yamaha Serrow 225, Honda AX1 (chez nous la NX 250) et Honda XLR 250 pour les grands gabarits.

    Découverte de la cuisine locale, très parfumée et relevée, le plaisir de manger unis nos deux peuples, mais les Thaïs grignotent tout au long de la journée, il est vrai que ce sont pas les tentations qui manquent, avec la multitude d’échoppes ambulantes qui proposent chacune leur spécialités.

    Nous nous retrouvons le lendemain (après une nuit très courte pour certains...)devant la porte Thapae, pour la photo traditionnelle, et c’est le départ vers l’Ouest par la route 108. Premier arrêt pour déguster les fruits frais que les paysannes vendent sur le bord de la route. Entrée dans le parc naturel, qui nous permettra de découvrir les premiers villages de tribus “Méo” ou Mhongs dont les villages se trouvent en altitude (plus de 1000m.) et d’accéder au point culminant du pays: le Doï Intanon (2600 mètres) où ont été édifié deux grandes pagodes mauve et brunes . Même avec le soleil, il fait un peu frais ici, nous sommes loin de la chaleur de Bangkok, et prenons quelques calories au bistrot local, qui fait également office de restaurant. Nous ne nous ferons pas prier pour redescendre dans la vallée par une petite route aux virages très serrés.

    Arrivée à Mae Chaem, tranquille village de montagne

    Nous y passerons la nuit dans de curieux bungalows au toit voûté ressemblant à des couloirs de métro. Nos meilleurs chanteurs se sont essayer au Karaoké du coin, ce qui amuse beaucoup les montagnards.

    Départ au matin par un brouillard à couper au couteau... Il se lève régulièrement vers 10 heures; après quelques kilomètres de route, nous empruntons la piste, masque ou foulard obligatoire; la couleur du fond de teint est la même pour tous: Ocre jaune ou rouge suivant le parcours.

Halte casse-croûte dans un petit village; au menu, riz sauté aux légumes et soupe de nouilles. Reprise de la piste qui serpente à travers les crêtes. Nous traversons de nombreux villages Karens, et rejoignons Khun Yam qui est le terme de notre étape. Dépoussiérage des motards et des bécanes, révision rapide au garage du pays, et dégustation des spécialités Shan (galettes poulet oignons, beignets de petites bananes au sésame).

    Le lendemain, nous prenons une piste à travers la foret de tecks; qui nous conduit à un poste de l’armée Thaï, et un camp de réfugiés Karens; ceux-ci ont fui les combats entre l’armée birmane et les différents groupes de résistance, opposants au régime ou trafiquants. Les Karens sont catholiques, et quelques volontaires Français sont venus combattre à leurs côtés contre la junte militaire il y a quelques années.

 

    Nous arrivons dans la vallée de Mae Hong Son

    C’est le chef-lieu de la province du même nom. Cette cité pittoresque, peuplée principalement par des Shans, a rompu son isolement par la construction d’un aéroport, car il faut toujours 7 heures pour venir de Chiang-Mai par la route.  Pour mieux la découvrir, il faut gravir la colline qui la surplombe (Doi Kong Mu) au sommet de laquelle sont édifiés un temple et quelques cheddis (petites pagodes) .Cette ville de 5000 habitants doit son essor au commerce en tout genre avec l’état Shan tout proche, dont le contrôle est partagé par les différents groupes de libération et trafiquants issus des troupes de KUN SA, le roi de l’opium, dont le quartier général était situé à une trentaine de kilomètres d’ici.

    Dans cette ville, à 8 heures et à 18 heures, pendant la diffusion de l’hymne national, les piétons et les véhicules s’immobilisent à l’endroit où ils se trouvent, cela surprend un peu les Gaulois que nous sommes!

    Le marché est le rendez-vous des tribus alentours, nous le visitons au petit matin, avant de prendre le chemin de Mae Aw un village de réfugiés Chinois du KMT, qui sert de relais aux caravanes de chevaux ravitaillant les villages situés aux confins du pays Shan et du Yunam.  Nous longeons le domaine de la Reine, Pantong, où s’affairent une armée de jardiniers sculptant des arbustes et des parterres de fleurs magnifiques et prenons la piste de la frontière où se trouvent un village de réfugiés Birmans, mais nous sommes stoppés par un poste de l’armée Thaï, nous obligeant à rebrousser chemin.

    Retour à Mae Hong Son où nous logeons dans un village de huttes au milieu des oiseaux et des coqs de combat; charmant, mais aucune chance de faire la grasse matinée après une soirée arrosée de Maekong (le whisky local) au music hall du coin, avec les traditionnelles chanteuses de mélodies Thaï que l’on récompense avec des colliers de fleurs valant chacun 20 à 100 baths suivant le standing de l’établissement. (le bath vaut 0.17 FF)

 

    Route 1095 direction Bang Mapa, Soppong,

    Villages à partir desquels nous découvrirons deux grottes spectaculaires. Celle de Tham Lot est la plus longue connue en Asie du Sud-Est; une rivière souterraine y chemine et elle est peuplée de nombreuses chauves souris; leur sortie à la tombée de la nuit est assez spectaculaire, sa visite est guidée par les habitants du village Shan voisin . La seconde est peu connue et encore moins visitée, au village de Pencuec (village Lahu Noir) que nous avons un peu adopté car THAI-MOTO est connue ici .

    A notre arrivée, l’institutrice arrête son cours et les gamins se précipitent à notre rencontre. Nous procédons à la distribution habituelle de vêtements, jouets, et autres friandises. Ils nous accompagnent pour l’exploration de la grotte qui a un dénivelé assez important, mais l’ardeur des Indiana Jones est stoppé par Michel, le responsable du groupe, qui nous invite à remonter car nous n’avons ni le matériel, ni le temps pour continuer la visite en toute sécurité. Nous prenons congé de nos amis en nous promettant de ramener du matériel pour le prochain tour. Descente de la piste à la nuit tombante et arrivée dans un petit village Shan.

 

    Mae Lanna,

    Situé au fond d’une vallée, nous y passerons la nuit dans une Guest house tenue jadis par une Française Isabelle. Ici, les amoureux de la nature sont comblés. Nous avons la chance ce soir d’assister à la fête des tribus alentours. Nous sommes les seuls “farangs” et nous nous essayons aux danses traditionnelles autour du grand feu . Nos hôtes sont très honorés de notre présence, et nous en profitons pour parler quelques mots de chaque langue Lisu, Méo et Lahu, cela peut toujours servir...               

    Départ après la levée du brouillard quotidien par la piste et la route de montagne.

 

    Direction PAI, le rendez-vous des routards

    Situé sur un plateau, où nous rendons visite à un autre compatriote Guy, qui organise des tours en rafting de plusieurs jours sur la rivière Paï. Nous effectuons une randonnée en éléphant, (cela nous change de nos montures) à travers les sources chaudes; des gamins en profitent pour faire cuire des oeufs de cailles, qu’ils vendent ensuite aux visiteurs de passage.

    Au matin, le groupe se sépare, les confirmés TT prennent la piste des crêtes à travers la forêt pour ralier Wiang Heng et Fang; les touristes empruntent le bitume, ce qui leur permettra de visiter la grotte et le temple de Chiang Dao.

    Arrivée à l’hôtel où nos rois de l’enduro (et les autres) auront droit à une séance de massage traditionnel pour la remise en forme.

    Après le breakfast, nous prenons la route de Thaton où une partie du groupe embarque les motos pour descendre la rivière et rallier Chiang Rai, ce qui à la saison sèche n’est pas le must car nous échouons plusieurs fois sur le sable et il faut sortir le bateau, mais nous sommes récompensés par des paysages extraordinaires.

    Chiang Rai

    Ancienne capitale d’un royaume du même nom sur la route de Kentung (Myanmar) et du Yunnan (Chine), région d’où provient une grande partie de l’opium produit en Asie.

    Nous rendons à nouveau visite à un de nos compatriote, Gérard, qui organise aussi des trecks moto; il nous fera découvrir Chiang Raï “by night”, après un bon dîner Thaï .

   Le lendemain, nous grimpons à la ville de Mae Salong, batie par les réfugiés Chinois du K.M.T. (militaires qui fuirent la révolution chinoise en 1949). Marché pittoresque où l’on trouve tous les produits chinois (ginseng à prix d’ami pour les amateurs), panoramas impressionnants sur ces pistes et routes de montagne qui nous feront plusieurs fois franchir la frontière pour arriver à Mae Saï.

 

    Mae Sai, la ville la plus septentrionale du pays

    Séparée de sa voisine Tachilek la Birmane par une rivière qui représente la frontière.

    Nous passerons la nuit dans une Guest House curieuse, accrochée au flanc d’une falaise; les chambres se répartissent sur différents niveaux et l’on y accède par des échelles, vue imprenable sur la ville birmane, où nous passerons quelques heures le lendemain, car il est possible d’obtenir l’autorisation de visite contre 5 dollars, mais ne permet pas de sortir de la ville. Cette possibilité fait la joie de beaucoup de résidents étrangers en Thaïlande, qui renouvellent leur visa .

   Les jeunes du pays ont trouvé chez les touristes de passage un commerce lucratif avec les pierres précieuses (souvent fausses) les cigarettes et la multitude de statuettes produites par l’artisanat local. A signaler pour les amateurs de vêtements en cuir des prix intéressants en Birmanie.

 

    Le Mekong

    Nous prenons le chemin du Triangle d’or qui n’est plus qu’un alignement d’échoppes pour touristes. Une balade sur le fleuve nous permettra de mesurer la dimension impressionnante de ce fleuve mythique, assez tranquille à cette période de l’année.  Son niveau d’étiage permet aux paysans de récolter des légumes superbes sur ses rives. Sa largeur atteint plusieurs centaines de mètres à cet endroit et l’on découvre des ilots qui appartiennent tous au LAOS .  

   Nous atteignons Chiang Sen ville musée qui compte d’anciens temples très bien conservés, et mettons le cap sur le sud par une voie rapide qui nous ramène à bonne allure vers Chiang Rai, en effectuant une pose le long des plantations d’ananas qui sont beaucoup plus sucrés que ceux que nous connaissons chez nous.

    220 kilomètres pour la route du retour

    Vers Mae Suai, Wiang Papao, Doi Saket, sa foret et la longue ligne droite jusqu’à Chiang Maï

    Sur ce parcours, un arbre à cames va rendre l’âme, et nous revenons avec une XLR et son pilote dans le pick-up. Nous ramenons les dix motos chez notre loueur, qui nous avoue s’attendre à plus de casse, compte tenu de notre itinéraire de pistes.

   Nous terminerons notre séjour le lendemain par la visite de deux temples ( parmi les 140 que compte la ville), dont le Doï Suthep surplombant la ville au Nord Ouest avec ses cheddis recouverts de feuilles d’or .

   Pour ceux qui avaient oublié d’effectuer quelques achats la journée, nous retrouverons tout sur le marché de nuit (night bazar) de 18 heures à 23 heures et nous  sommes nettement moins dépaysés; nous retrouvons les groupes de touristes, dont une proportion importante de Français, une raison pour laquelle de nombreux vendeurs se débrouillent bien dans notre langue.

    Nombre d’entre nous se promettent de revenir au pays du sourire que nos guides nous ont fait découvrir ”autrement”, du côté Thaï.

 

    SAWATDI KAP  (AU REVOIR)

    L'équipe Thaï-Moto